Altitude du Mont Blanc : 4 805,59 m et pourquoi ce chiffre change

    Altitude du Mont Blanc : 4 805,59 m et pourquoi ce chiffre change

    Écrit par Victor Michelpassionné d'histoire et alpiniste passionné, installé à Chamonix. Publié le 10 mai 2026 · Mis à jour le 17 septembre 2026 · 6 min de lecture

    Le Mont Blanc culmine à 4 805,59 m, valeur relevée par les géomètres-experts de la Haute-Savoie lors de la campagne de 2023. Ce chiffre est celui de la calotte de neige qui coiffe le sommet, pas celui du rocher, qui ne bouge pas.

    Pourquoi l'altitude du Mont Blanc change à chaque mesure

    Le point culminant est une calotte de neige et de glace posée sur un dôme. Son épaisseur dépend des chutes de neige et du vent qui redistribue la poudreuse. Depuis 2001, les campagnes ont relevé jusqu'à 5,31 m d'écart, entre le maximum de 2007 et le minimum de 2023. La variation joue aussi à l'intérieur d'une même année : une mesure intermédiaire de mai 2015 a donné 4 807,88 m, soit 85 cm de moins que la campagne de septembre suivante. Le point le plus haut se déplace sur le dôme. En 2009, il se trouvait 34 m plus à l'est qu'en 2003.

    Qui mesure l'altitude du Mont Blanc, et à quelle fréquence

    La Chambre départementale des géomètres-experts de la Haute-Savoie organise la campagne, avec l'IGN. Le relevé a lieu tous les deux ans depuis 2001, en septembre. Une équipe monte au sommet avec des récepteurs GPS géodésiques et relève la position exacte du point culminant, puis la Chambre publie l'altitude quelques semaines plus tard. Elle a annoncé le résultat de 2021 le 29 septembre 2021, celui de 2023 début octobre.

    L'altitude relevée à chaque campagne depuis 2001

    Douze campagnes biennales depuis 2001, toutes exprimées au centimètre. Aucune tendance régulière ne s'en dégage.

    CampagneAltitude relevéeÉcart avec la campagne précédente
    20014 810,40 mPremière mesure de la série
    20034 808,45 m1,95 m de moins
    20054 808,75 m30 cm de plus
    20074 810,90 m2,15 m de plus, maximum de la série
    20094 810,45 m45 cm de moins
    20114 810,44 m1 cm de moins
    20134 810,02 m42 cm de moins
    20154 808,73 m1,29 m de moins
    20174 808,72 m1 cm de moins
    20194 806,03 m2,69 m de moins
    20214 807,81 m1,78 m de plus
    20234 805,59 m2,22 m de moins, minimum de la série

    La mesure de 2025, au drone et au géoradar

    Une équipe franco-italienne a mesuré le sommet à 4 807,3 m et publié son résultat le 20 décembre 2025. Ce relevé ne vient pas de la campagne des géomètres-experts. La Fondazione Montagna sicura et l'Université Savoie Mont Blanc l'ont mené au drone, par télédétection et au géoradar, et ont trouvé 20 à 25 m de glace sous la surface du sommet. Fabrizio Troilo, coordinateur de la recherche, présente ces mesures comme un état zéro pour suivre la cime dans les prochaines années, et juge qu'une tendance à la baisse reste à confirmer.

    Sommet rocheux ou calotte de neige : deux altitudes différentes

    Le rocher le plus élevé du Mont Blanc culmine à 4 792 m, valeur mesurée en 2004. Il se situe une quarantaine de mètres à l'ouest de la cime enneigée, sous 14 m de névé et de glace à cette date. L'altitude annoncée à chaque campagne est donc celle de la neige, jamais celle de la roche.

    4 807 m, 4 810 m : d'où viennent les anciennes valeurs

    Les 4 807 m des vieilles cartes viennent du nivellement trigonométrique réalisé entre 1892 et 1894 par Henri et Joseph Vallot, qui ont obtenu 4 807,20 m. Cette valeur est restée celle des cartes pendant près d'un siècle. Les 4 810 m encore cités aujourd'hui viennent des campagnes GPS de 2007 à 2013. Ces deux valeurs sont des mesures réelles, à leur date. Elles ne disent rien de l'épaisseur actuelle de la calotte.

    Par rapport à quel zéro cette altitude est-elle calculée

    Les altitudes publiées en France métropolitaine se rapportent au NGF-IGN 1969, le réseau de nivellement de l'IGN. Son zéro est le « zéro normal » du marégraphe de Marseille, établi à partir des observations du niveau moyen de la Méditerranée entre le 1er février 1885 et le 1er janvier 1897. Le repère fondamental scellé dans le bâtiment du marégraphe se situe 1,661 m au-dessus de ce zéro. Un GPS ne donne pas directement cette altitude. Il fournit une hauteur au-dessus de l'ellipsoïde de référence, que les géomètres convertissent avec un modèle de géoïde de l'IGN. Deux altitudes ne se comparent qu'à référentiel identique.

    Hypoxie

    La pression partielle en oxygène diminue avec l'altitude. Au sommet, l'organisme dispose d'environ la moitié de l'oxygène disponible au niveau de la mer.

    Acclimatation

    L'acclimatation se construit par une exposition progressive à l'altitude : nuits en refuge, courses entre 3 500 et 4 000 m, montée par paliers.

    Maux de tête

    Premier signe possible du mal aigu des montagnes. Ne jamais le banaliser, surtout s'il s'aggrave.

    Nausées

    Signal d'une mauvaise tolérance à l'altitude. Doit conduire à ralentir, voire à interrompre la progression.

    Fatigue anormale

    Une fatigue disproportionnée à l'effort peut traduire une hypoxie mal compensée.

    Essoufflement

    Un essoufflement marqué au repos est un signal préoccupant.

    Troubles du sommeil

    Apnées, réveils, nuits hachées sont fréquents en altitude et fragilisent l'organisme.

    Perte d'appétit

    Réduit l'apport énergétique au moment où le corps en a le plus besoin.

    Quand redescendre

    Aggravation des symptômes, confusion, essoufflement au repos : la descente est la seule réponse fiable.

    SymptômeSignification possibleRéaction prudente
    Maux de têteDébut possible de mal aigu des montagnesRalentir, surveiller, ne pas banaliser.
    NauséesMauvaise tolérance à l'altitudePrévenir le guide, envisager la descente.
    Fatigue inhabituelleEffort mal toléré ou hypoxieRéduire l'effort, évaluer lucidement.
    ConfusionSignal grave potentielDescente et secours si nécessaire.
    Essoufflement au reposSignal préoccupantNe pas poursuivre sans avis compétent.
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    FAQ

    Quelle est l'altitude exacte du Mont Blanc ?

    4 805,59 m à la campagne de 2023 des géomètres-experts de la Haute-Savoie, et 4 807,3 m au relevé franco-italien publié en décembre 2025. Les deux chiffres mesurent la calotte de neige, pas le rocher.

    Pourquoi l'altitude du Mont Blanc change-t-elle tous les deux ans ?

    Parce que la mesure porte sur la calotte de neige du sommet, dont l'épaisseur suit les chutes de neige et le vent. Le rocher qui la porte, lui, ne bouge pas.

    Le Mont Blanc fait-il 4 810 m ou 4 805 m ?

    Les 4 810 m correspondent aux campagnes de 2007 à 2013. La valeur publiée par les géomètres-experts depuis 2023 est 4 805,59 m.

    Qui mesure l'altitude du Mont Blanc ?

    La Chambre départementale des géomètres-experts de la Haute-Savoie, avec l'IGN, tous les deux ans depuis 2001. Le relevé de 2025 est l'œuvre de la Fondazione Montagna sicura et de l'Université Savoie Mont Blanc.

    Quelle est l'altitude du sommet rocheux du Mont Blanc ?

    4 792 m, mesurés en 2004, une quarantaine de mètres à l'ouest de la cime enneigée.

    Qu'est-ce que le mal aigu des montagnes ?

    Un ensemble de symptômes déclenchés par l'hypoxie d'altitude quand l'acclimatation est insuffisante : maux de tête, nausées, fatigue anormale.

    Comment bien s'acclimater avant le Mont Blanc ?

    Par une exposition progressive à l'altitude : nuits en refuge, courses entre 3 500 et 4 000 m, montée par paliers plutôt que d'un seul tenant.

    Quand faut-il redescendre en cas de mal des montagnes ?

    Dès aggravation des symptômes, confusion ou essoufflement au repos. La descente reste la seule réponse fiable.

    Points clés à retenir

    • ·L'altitude publiée à chaque campagne est celle de la calotte de neige, pas celle du rocher qui la porte.
    • ·Les géomètres-experts de la Haute-Savoie remesurent le sommet tous les deux ans depuis 2001, avec l'IGN.
    • ·L'écart entre le maximum de 2007 et le minimum de 2023 tient à la seule épaisseur de neige, la roche n'ayant pas bougé.
    • ·Au sommet, la baisse de pression partielle en oxygène laisse à l'organisme environ la moitié de l'oxygène disponible au niveau de la mer.
    • ·L'acclimatation se construit par paliers : nuits en refuge, sorties en altitude, avant la montée finale.
    • ·Mal de tête et nausées, premiers signes du mal aigu des montagnes, imposent de ralentir, voire d'interrompre la progression.
    • ·Fatigue disproportionnée, troubles du sommeil et perte d'appétit sont des signaux secondaires d'une adaptation insuffisante à l'altitude.
    • ·Symptômes qui s'aggravent, confusion ou essoufflement au repos : la descente reste la seule réponse fiable.